Centres de recherches

Dans le cadre de nos recherches, nous avons été à même de constater que de nombreuses équipes de scientifiques ainsi que plusieurs chercheurs individuels travaillent dans le domaine des dépendances. De plus, nous avons aussi remarqué que la plupart de ces équipes sont composées de chercheurs qui proviennent de différentes institutions plutôt que d’être issus de la même université ou du même centre de recherche, assurant en cela une diversité géographique propre à assurer une connaissance des réalités du terrain plus globale.

De la même façon, le champ des études sur les dépendances est maintenant constitué d’un nombre important de spécialisations qui font en sorte de faciliter un peu la tâche de celui ou celle qui désire en apprendre davantage sur un aspect précis, tel celui du traitement des dépendances, de l’évaluation de ces traitements ainsi que des sujets connexes comme celui des ressources d’entraide provenant de la communauté (self-help groups), comme les groupes AA sont maintenant reconnus par les professionnels du traitement des dépendances.

Nos travaux nous ont donc permis d’identifier un certain nombre de centres et/ou d’équipes de recherche qui ont développé une expertise unique au cours des 75 dernières années concernant le traitement des dépendances, l’évaluation de ces traitements et les apports des groupes d’entraide. Voici donc un premier aperçu de ces centres et/ou équipes de recherche.

 

Fondé en 2012, le Recovery Research Institute est un centre de recherches et de diffusion d’informations scientifiques qui est rattaché au Massachusetts General Hospital et à la Harvard University Medical School.

Le site web de ce centre est particulièrement bien pourvu en informations sur les recherches sur la maladie de la dépendance, sur le rétablissement et sur les avancées scientifiques les plus récentes dans le domaine. De plus, il offre une section multimédia hors du commun.

Son fondateur et directeur actuel est le Dr John F. Kelly, une sommité dans le domaine des dépendances. Deux autres chercheurs associés à ce centre sont aussi reconnus internationalement: William L. White (autre référence) et le Dr Keith Humphreys (autre référence), qui a notamment été conseiller principal du Président Obama pour la question des dépendances pendant une certaine période.

 

Fondé informellement dès 1959 et plus formellement en 1968, l’Alcohol Research Group est basé en Californie. Après avoir été affilié à différents réseaux de santé, l’ARG est maintenant rattaché au Public Health Institute, un des plus importants organismes internationaux de financement de recherches médicales.

L’ARG est l’un des plus importants centres de recherches américain et il est l’un des 20 qui sont financés sur une base quasi permanente par le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) des États-Unis. Sa spécialisation est l’épidémiologie des problèmes d’alcool, soit la recherche sur les rapports entre les problèmes d’alcool et les facteurs susceptibles d’exercer une influence sur leur fréquence, leur distribution et leur évolution.

Ses principales chercheuses sont les DrPH Lee Ann Kaskutas et Dr Sarah E. Zemore, expertes reconnues au niveau international. Plusieurs autres chercheurs renommés dans le domaine sont aussi rattachés à ce centre, tels les Dr William C. Kerr, Thomas K. Greenfield et Katherine Karriker-Jaffe.

 

Mis sur pied en 2010, Helping Others Live Sober est une initiative rattachée à l’École de médecine (département de psychiatrie) de la Case Western Reserve University de Cleveland, Ohio.

Bien que cette organisation soit tournée au départ vers la diffusion d’informations et de de contenus pour usage clinique, plusieurs études importantes en sont aussi issues, notamment plusieurs qui portent sur les impacts du service aux autres sur le rétablissement.

HOLS opère sous le leadership du Dr Maria E. Pagano, une autre experte renommée des recherches sur la dépendance. Les principaux chercheurs qui collaborent avec HOLS sont les Drs Robert L. Stout, Matthew T. Lee et Stephen Post.

 

Fondé en 1974, le Butler Center for Research est un centre de recherches implanté par la Hazelden Betty Ford Foundation. Cette organisation est établie depuis 1949 et est reconnue internationalement dans le domaine du traitement avec près de 20 sites à travers les États-Unis. Hazelden est aussi à l’origine du Modèle Minnesota (voir la Thématique 6 à ce sujet ou la page dédiée)

Comme plusieurs des centres de recherches, le Butler Center poursuit deux objectifs; d’une part, il vise à faire avancer la recherche sur les dépendances, sur le traitement de celles-ci et sur le rétablissement des personnes atteintes. D’autre part, il vise à favoriser l’intégration des découvertes scientifiques dans la pratique concrète du traitement. Pour y arriver, le centre diffuse de nombreuses publications et des fascicules sur les sujets importants du domaine des dépendances. De plus, il travaille aussi de concert avec le Hazelden Betty Ford Graduate School of Addiction Studies afin d’assurer la diffusion de l’expertise acquise auprès des acteurs de terrain.

La Vice-présidente Education and Research du Butler Center, qui est aussi Chief Academic Officer de l’école spécialisée, est le Dr Valérie Slaymaker qui collabore aussi avec plusieurs chercheurs que nous avons cités dans le cadre du projet.

 

Fondé en 1988, le Center on Alcoholism, Substance Abuse and Addictions (CASAA) est un centre de recherche rattaché à l’Université du Nouveau-Mexique à Albuquerque.

Le centre comporte plusieurs spécialisations, dont celles des traitements testés et approuvés, des mécanismes de changements de comportements et l’étude du travail des groupes d’entraide mutuelle comme les AA.

Son directeur intérimaire et chercheur le plus renommé est le Dr J. Scott Tonigan. Le CASAA est aussi l’hôte du chercheur émérite Dr William R. Miller.

 

Le Center on Addiction est depuis 2018 le nouveau nom du National Center on Addiction and Substance Abuse at Columbia University, le CASA, fondé en 1992.

Contrairement aux autres centres de recherche que nous avons identifiés, le Center on Addiction opère davantage dans un rôle national de recherches sur les dépendances dans un cadre macro. Le centre produit beaucoup de matériel à l’intention des décideurs étatiques et des services de traitement dans une optique de sensibilisation. Le Center on Addiction intervient publiquement lorsque le dossier des dépendances fait surface dans les médias.

Comme le centre ne se livre pas aux recherches de terrain comme les autres le font, aucun de ses chercheurs n’est vraiment spécialisé dans les sujets couverts par notre projet. Certains documents de synthèses sont toutefois très utiles pour saisir certaines réalités de terrain et l’évolution générale des dépendances.

 

Le Center of Alcoholic Studies a été fondé en 1943 à l’Université Yale. Il a par la suite été transféré à l’Université Rutgers en 1962.

Le CAS a une histoire assez liée avec les Alcooliques Anonymes, du moins au niveau des contacts entre personnes clés des deux entités. Comme ces deux organisations étaient des pionnières d’une certaine façon, des interactions ne pouvaient manquer de se produire. À titre d’exemple, Bill Wilson, cofondateur des AA, a agi un moment à titre de professeur lors de l’université d’été des Alcoholic Studies de Yale University, initiative qui existe toujours d’ailleurs.

Le CAS a aussi la particularité d’être l’éditeur du Journal of Studies on Alcohol and Drugs, connu alors sous un nom un peu différent, dont le premier numéro a été publié en 1940 sous la direction du Dr Norman H. Jolliffe et de Elvin Morton Jellinek, deux pionniers dans la recherche sur l’alcoolisme et son traitement. Cette publication demeure l’une des plus régulière à publier des études scientifiques qui concernent les AA et l’ensemble des organisations qui partagent l’approche en 12 étapes de ceux-ci.