Les résultats des AA sont prouvés

Publié le 11 mars 2020 et mis à jour le 4 mai 2020

Cochrane Library a publié récemment sa plus importante Revue systématique concernant les « Alcoholics Anonymous and other 12-step programs for alcohol use disorder ». Cette méta-analyse a été réalisée par les chercheurs de renommée internationale John F. Kelly, Keith Humphreys et Marica Ferri.

Les éléments essentiels de cette méta-analyse et des conclusions des auteurs sont résumés dans le vidéo qui suit:

Résumé de la méta-analyse traduit par Alco-Rétab

Les Alcooliques anonymes et les autres programmes en 12 étapes pour le Trouble de l’usage de l’alcool

Contexte

Le Trouble de l’usage d’alcool (TUA) entraîne un fardeau colossal en termes de maladie, d’invalidité et de mortalité prématurée et il est aussi responsable de coûts économiques élevés du fait des pertes de productivité, des accidents, de la violence, de l’incarcération et de l’utilisation accrue des soins de santé qu’il entraîne. Depuis plus de 80 ans, les Alcooliques anonymes (AA) sont une ressource présente partout dans le monde pour le rétablissement du TUA, avec des millions de membres et une grande accessibilité, mais ce n’est que plus récemment que des recherches rigoureuses sur son efficacité ont été menées.

Objectifs de la Revue

Évaluer si les AA, dirigés par des pairs, et les traitements qui facilitent la participation aux AA, dispensés par des professionnels (Thérapie de Facilitation envers les 12 étapes [TF12]), permettent d’obtenir des résultats importants, en particulier en termes d’abstinence, de réduction de l’intensité de la consommation d’alcool, de réduction des conséquences liées à l’alcool, de la gravité de la dépendance à l’alcool et de compensation des coûts des soins de santé.

Méthodes de recherche

Nous avons fait une recherche dans les bases de données suivantes : Registre spécialisé du Cochrane Drugs and Alcohol Group (via CRSLive), Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL), PubMed, Embase, CINAHL et PsycINFO depuis le début ces registres jusqu’au 2 août 2019. Nous avons également cherché des études en cours et non encore publiées par l’intermédiaire de ClinicalTrials.gov et du Système d’enregistrement international des essais cliniques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en date du 15 novembre 2018. Toutes les recherches incluaient la littérature non anglophone. Nous avons effectué des recherches manuelles sur les références de revues systématiques liés au sujet et sur les études incluses dans celles-ci.

Critères de sélection

Nous avons inclus les essais/études contrôlés randomisés (ECR), quasi-ECR et études non randomisées qui comparaient les AA ou la TF12 (intervention AA/TF12) à d’autres interventions telles que la Thérapie de l’accroissement de la motivation (TAM) ou la Thérapie cognitivo-comportementale (TCC), ou des variantes de traitement TF12 ou l’absence de traitement. Nous avons également inclus des études portant sur la compensation des coûts des soins de santé. Les participants étaient des adultes non-contraints avec TUA.

Collecte et analyse de données

Nous avons classé les études par design d’étude (ECR/quasi-ECR; non randomisée; économique); selon leur degré de manualisation standardisée (interventions entièrement manualisées vs partiellement ou non manualisées); et selon le type d’intervention de comparaison (c.-à-d. si AA/TF12 a été comparé à une approche théorique différente ou à une autre intervention AA/TF12 qui variait en style ou en intensité). Pour les analyses, nous avons suivi la méthodologie Cochrane pour calculer la différence moyenne (DM) standard pour les variables continues (par exemple, pour le pourcentage de jours abstinents (PJA)) ou pour le risque relatif (ratios de risque (RR)) pour les variables dichotomiques. Nous avons effectué des méta-analyses à effets aléatoires pour regrouper les effets dans la mesure du possible.

Principaux résultats

Nous avons inclus un total de 27 études primaires comportant 10 565 participants (21 ECR/quasi-ECR, 5 études non randomisées et 1 étude purement économique). L’âge moyen des participants variait de 34,2 à 51,0 ans. L’intervention AA/TF12 a été comparée à des interventions cliniques psychologiques, telles que TAM et TCC, et à d’autres variantes de programmes en 12 étapes.

Nous avons évalué le biais de sélection comme étant à « risque élevé » dans 11 des 27 études incluses, « risque peu clair » dans 3 et comme « risque faible » dans 13. Nous avons évalué le risque de biais d’attrition comme étant à « risque élevé » dans 9 études, « risque peu clair » dans 14 et « risque faible » dans 4, en raison de taux d’attrition modérés (> 20%) dans l’ensemble de l’étude (8 études) ou dans le groupe d’étude du traitement (1 étude).

Le risque de biais dû à un insu inadéquat des chercheurs était « élevé » dans 1 étude, « peu clair » dans 22 et « faible » dans 4. Les risques de biais provenant des autres aspects étaient principalement « faibles » ou « peu clairs ».

AA/TF12 (Manualisée – N. du T. C’est à dire une intervention dont la procédure est détaillée dans un manuel) comparée à des traitements ayant une autre approche théorique (par exemple; TCC) (données probantes randomisées / quasi-randomisées)

Les ECR comparant l’intervention AA/TF12 manualisée à d’autres interventions cliniques (p. ex., TCC), ont montré que l’intervention AA/TF12 conférait des chances plus élevées d’abstinence complète à 12 mois (rapport de risque (RR) 1,21, avec 95% d’Intervalle de confiance (IC) 1,03 à 1,42; 2 études, 1936 participants; données probantes à haute certitude). Cet effet est resté constant à 24 et à 36 mois.

Pour le pourcentage de jours abstinents (PJA), AA/TF12 paraît performer aussi bien que les autres interventions cliniques à 12 mois (différence moyenne (DM) 3,03, 95% IC -4,36 à 10,43; 4 études, 1999 participants; données probantes de très faible certitude) et mieux à 24 mois (DM 12,91, 95% IC 7,55 à 18,29; 2 études, 302 participants; données probantes de faible certitude) et à 36 mois (DM 6,64, 95% IC 1,54 à 11,75; 1 étude, 806 participants; données probantes de faible certitude).

Pour la plus longue période d’abstinence (PLPA), AA/TF12 peut également performer aussi bien que les autres interventions de comparaison à 6 mois (DM 0,60, 95% IC -0,30 à 1,50; 2 études, 136 participants; données probantes de faible certitude).

Pour ce qui concerne l’intensité de la consommation, AA/TF12 peut également performer aussi bien que les autres interventions cliniques à 12 mois, tel que mesuré par consommations par jour de consommation CJC (DM -0,17, 95% de IC -1,11 à 0,77, 1 étude, 1516 participants; données probantes de certitude modérée) et par pourcentage de jours de consommation excessive d’alcool (PJCE) (DM -5,51, 95% de IC -14,15 à 3,13, 1 étude, 91 participants; données probantes de faible certitude).

Pour les conséquences liées à l’alcool, AA/TF12 performe probablement également aussi bien que les autres interventions cliniques à 12 mois (MD 2,88, 95 % IC -6,81 à 1,04, 3 études, 1762 participants; données probantes de certitude modérée).

Pour la gravité de la dépendance à l’alcool, une étude a trouvé des données probantes d’une différence en faveur de AA/TF12 lors d’un suivi à 12 mois (p<.05; données probantes de faible certitude).

AA/TF12 (non-manualisée) comparée à des traitements ayant une autre approche théorique (par exemple; TCC) (données probantes randomisées / quasi-randomisées)

Pour la proportion des patients complètement abstinents, l’intervention AA/TF12 non manualisée peut performer aussi bien que les autres interventions cliniques aux suivis de 3 à 9 mois (RR 1.71, 95% IC 0.70 à 4.18, 1 étude, 93 participants; données probantes de faible certitude).

AA/TF12 non-manualisé peut également performer légèrement mieux que les autres interventions cliniques pour le PJA (MD 3.00, 95% IC 0.31 à 5.69 ; 1 étude, 93 participants; données probantes de faible certitude).

Pour l’intensité de la consommation, AA/TF12 peut performer également aussi bien que les autres interventions cliniques à 9 mois telle que mesurées par Consommations par Jour de Consommation (CJC) (MD 1,76, 95% IC 2,23 à 1,29; 1 étude, 93 participants; données probantes de très faible certitude) et pour le Pourcentage de jours avec consommation excessive d’alcool (PJCE) (MD 2,09, 95% IC 1,24 à 5,42; 1 étude, 286 participants; données probantes de faible certitude).

Aucune des ECR comparant AA/TF12 non manualisée à d’autres interventions cliniques n’a évalué la PLPA, les conséquences liées à l’alcool ou la gravité de la dépendance à l’alcool.

Études d’efficience

Dans 3 études, l’intervention AA/TF12 a procuré des économies plus élevées en termes de coût des soins de santé par rapport au traitement du patient en externe, au Traitement cognitivo-comportemental et à l’absence de traitement AA/TF12.

La 4e étude a révélé que les coûts totaux des soins médicaux diminuaient pour les patients qui suivent une TCC, une TAM ou une intervention AA/TF12 mais que, parmi les participants ayant les pires caractéristiques pronostiques, AA/TF12 avait un plus grand potentiel d’économies des coûts que celui de la TAM.

Conclusions des auteurs

Il existe des données probantes de haute qualité que les interventions manualisées AA/TF12 sont plus efficaces que les autres traitements établis, tels que la TCC, pour augmenter l’abstinence d’alcool. L’intervention AA/TF12 non-manualisée peut performer aussi bien que ces autres traitements établis. Les interventions AA/TF12, qu’elles soient manualisées ou non, peuvent également être au moins aussi efficaces que les autres traitements pour les autres types de résultats liés à l’alcool. AA/TF12 produit probablement des économies substantielles en termes de coûts des soins de santé chez les patients atteints du Trouble d’Usage d’Alcool (TUA).

Références de Cochrane:

Couverture médiatique de la Revue (à compléter):


Vivre AA comme dans les débuts du mouvement

Nous préparions ce texte pour le publier ultérieurement mais du fait des fermetures temporaires de nombreuses réunions AA, en lien avec la pandémie du coronavirus Covid-19, nous avons décidé de devancer sa publication.

13 mars 2020

Pourquoi publier ce texte? À ce moment-ci, nous croyons que l’isolement que les nouveaux membres AA risquent de vivre au cours des prochaines semaines, sinon des prochains mois, risque fort de ressembler à l’isolement que les alcooliques vivaient avant que les AA naissent et ne deviennent populaires et présents partout sur la planète.

À ceux qui désirent arrêter de consommer ou qui ont arrêté récemment et qui demeurent fragiles dans leur abstinence, nous allons donc vous faire une suggestion qui vous paraîtra peut-être un peu bizarre à prime abord mais qui a néanmoins fait ses preuves dans le passé pour des gens aussi isolés que vous l’êtes possiblement à l’heure actuelle. Nous allons vous suggérer d’essayer de faire ce que les alcooliques désireux d’arrêter de boire faisaient entre 1940 et 1950 alors qu’ils n’avaient pas encore rencontré d’autres membres des Alcooliques anonymes avec qui cheminer et qu’il n’y avait pas encore de réunions à proximité de leurs résidences.

Remettons-nous d’abord dans le contexte de l’époque. En décembre 1934, Bill W. devient abstinent grâce aux informations et idées reçues d’un ami d’enfance et du Dr Silkworth. En mai 1935, il rencontre le Dr Bob, qui consommera une dernière fois en juin 1935. En 1939, après 4 ans d’existence et alors qu’ils sont un maximum de 100 membres, ils publient le livre Alcooliques anonymes, mieux connu sous le nom du Gros livre.

À partir de la publication du Gros livre, celui-ci deviendra l’élément central de la progression des AA. À l’époque, les gens entendaient d’abord parler des AA dans des articles de revues puis un peu aussi à la radio et par certains médecins. Lors des reportages des médias, les alcooliques intéressés étaient invités à écrire au bureau AA de New York pour commander le nouveau livre « Alcoholics Anonymous » (en anglais uniquement à l’époque), vendu au prix de 3,50 $US (soit l’équivalent de 65.13 $US en 2020). Ils recevaient ensuite par la poste leur exemplaire du fameux livre contenant le récit de l’expérience des premiers membres et la méthode des AA pour se rétablir avec les 12 étapes.

Si la personne habitait dans une petite ville ou un petit village, ce qui était le cas de la majorité, les AA n’étaient pas encore présents. Cette personne devait donc d’abord lire le Gros livre puis suivre le programme en 12 étapes qui y était expliqué de façon détaillée afin de devenir abstinente. Toute seule, sans personne pour l’aider, sans réunion… finalement, un peu comme toi aujourd’hui avec la pandémie du coronavirus Covid-19.

Par la suite, une fois que cette personne était abstinente, elle partait à la recherche d’une autre personne alcoolique afin de lui transmettre le message des AA, tel que cela est expliqué dans le livre, au chapitre portant sur la 12e étape. Quand ils étaient finalement 3, 4 ou 5 personnes dans un même secteur géographique à être devenues abstinentes, elles ouvraient un nouveau groupe, généralement dans l’appartement de l’un ou l’autre de ces nouveaux membres. Ce n’est que plus tard, lorsqu’ils étaient trop nombreux pour se réunir dans une résidence privée que les groupes louaient finalement des salles dans différents endroits, comme cela est encore le cas de nos jours.

Il va sans dire que cette partie du programme AA sera plus difficile à appliquer pour le moment puisque de nombreuses réunions sont présentement annulées pour une période qui demeurera incertaine pour un moment encore. Par contre, comme il y a passablement de lecture à faire avec le Gros livre et d’actions à mettre en branle en lien avec ces lectures, pourquoi ne pas en profiter? Si tu le veux, toi qui débute avec les AA ou dont l’abstinence est encore fragile, tu pourrais commencer à lire le Gros livre, comme si tu arrivais aux AA de ces années des débuts du mouvement.

Très important… il est suggéré de lire le livre dès le tout début, sans sauter par-dessus une seule page. Les co-fondateurs et les pionniers des AA trouvaient d’ailleurs ce point tellement important, qu’ils ont pris la peine de l’écrire en majuscule dans la 1ère Édition du Gros livre.

« Le but principal de ce livre est de montrer à d’autres alcooliques,
COMMENT, EXACTEMENT, NOUS NOUS SOMMES RÉTABLIS. »

Les premiers chapitres, qui sont souvent laissés de côté pour aller directement à celui portant sur la Méthode des AA, sont en effet très importants car ils nous en apprennent beaucoup sur l’alcoolisme, sur les comportements alcooliques et sur les pièges dont il faut se méfier, les limites que nous avons comme humain, etc. Le chapitre sur les Agnostiques est aussi d’un grand intérêt pour celui ou celle qui, comme l’auteur du présent texte l’a vécu à son arrivée, a de sérieuses réserves face à la question spirituelle. Et les autres chapitres sont aussi des mines profondes et riches d’informations pertinentes pour la personne qui désire se rétablir.

Une fois que tu commences ta lecture, si tu as des questions, nous te suggérons de les prendre en note et de continuer à lire encore un peu. Le Gros livre, if faut se donner du temps pour en intégrer le contenu. Ce n’est pas un roman, il y a beaucoup de contenu dans chaque paragraphe, dans chaque page, dans chaque chapitre.

Par la suite, nous te suggérons de revoir tes notes avec ton parrain ou ta marraine afin de t’assurer la meilleure compréhension possible, question d’avoir les meilleures chances de succès par la suite. Avantage indéniable sur les nouveaux membres de l’époque des débuts des AA, nous avons quand même la chance de ne pas avoir perdu ni le téléphone ni l’Internet, du moins jusqu’ici, alors pourquoi ne pas en profiter?

Autre avantage, si tu n’as pas encore eu l’occasion de t’acheter un exemplaire du Gros livre, le livre est accessible gratuitement sur le web et tu peux même en télécharger les différents chapitres au lien suivant : https://www.aa.org/pages/fr_FR/alcoholics-anonymous

Par la suite, autre cadeau de la modernité, tu peux aussi aller sur certains groupes Facebook réunissant des membres (groupes non publics, avec adhésion sur demande) où tu peux partager tes difficultés, poser tes questions ou simplement lire ce que les autres membres AA partagent et commentent. Tu pourrais être très surpris du résultat. Après tout, il y a aujourd’hui plus de 125 000 groupes AA à travers le monde et ceux-ci regroupent plus de 2 150 000 membres.

Pourquoi ne serais-tu pas le prochain à le devenir ou à le rester ?

P.S. L’annulation des réunions en personne ne signifie pas qu’il n’y a pas d’autres ressources pour participer à des réunions en ligne ou pour entendre des partages AA

P.P.S. Si tu es vraiment un tout nouveau membre, nous te suggérons aussi de lire quelques dépliants officiels des AA qui pourront t’aider à mieux voir ce que les AA peuvent faire pour toi. Ils sont disponibles au début de la page suivante.


La vie en rétablissement au Canada

19 juin 2019

AA ça marche… Au Canada, 91,8% des personnes en rétablissement utilisent les groupes d’entraide en 12 étapes (AA, NA, etc.) pour se rétablir et 91,9% considèrent que cela est très important ou important pour leur rétablissement.

C’est la ressource la plus utilisée de l’ensemble des services et programmes d’aide disponibles selon l’étude la plus complète réalisée à ce jour par le Gouvernement canadien à ce sujet.

Pour en connaître davantage sur le sujet, consulter le dossier que nous avons préparé à votre intention. Bon 24 heures à tous. https://alco-retab.net/…/la-vie-en-retablissement-au-canada/


Reconnaissance de la maladie de l’alcoolisme et évolution des définitions

7 juin 2019

Saviez-vous que… déjà en 1952, l’Organisation Mondiale de la Santé, une composante de l’ONU, a défini l’alcoolisme et a apporté son appui à l’œuvre des Alcooliques Anonymes?

Le 1er février 1952, le Conseil exécutif de l’OMS a adopté le rapport d’Octobre 1951 de son Sous-comité de l’alcoolisme qui contient la première définition officielle de la maladie:

« Les alcooliques sont des buveurs excessifs dont la dépendance à l’égard de l’alcool est telle qu’ils présentent soit un trouble mental décelable, soit des manifestations affectant leur santé physique et mentales, leurs relations avec autrui et leur bon comportement social et économique, soit des prodromes (i.e. symptômes) de troubles de ce genre. Ils doivent donc être soumis à un traitement » (p. 17 du rapport).

Toujours dans ce rapport adopté par le Conseil exécutif de l’OMS, le Sous-comité recommande également une approche de traitement qui comprend différentes mesures ainsi que les dispositions suivantes :

« (…) S’il existe un groupe d’ « Alcoholics Anonymous » dans la collectivité ou dans le voisinage, il y aurait lieu d’adresser le patient à ce groupe (…) » (p. 5 du rapport).

« (…) que les médecins aident à la constitution de groupes d’ « Alcoholics Anonymous » dans leurs collectivités » (p. 8 du rapport).

Pour en savoir plus sur la reconnaissance de l’alcoolisme à titre de maladie et sur l’évolution des définitions de l’alcoolisme et des dépendances depuis ce temps, nous vous invitons à visiter le lien suivant… https://alco-retab.net/reconnaissance-de-la-maladie-de-lalcoolisme-et-evolution-des-definitions/


La Courbe de Jellinek

17 mai 2019

La Courbe de Jellinek… ou comment savoir où nous en sommes rendus dans notre alcoolisme. Une autre avancée concernant l’alcoolisme attribuable aux membres des Alcooliques Anonymes. Courbe de Jellinek (en français)

Encore aujourd’hui la Courbe de Jellinek est l’élément visuel le plus diffusé à l’échelle mondiale dans le domaine du traitement des dépendances. La principale raison de cette diffusion toujours importante est simple à comprendre : l’alcoolique des années 1940-1950 ressemble beaucoup à l’alcoolique d’aujourd’hui.

Ainsi, les personnes qui ont un « problème d’alcool » et à qui la Courbe de Jellinek est présentée identifient généralement assez rapidement l’étape où elles en sont sur l’échelle de la déchéance alcoolique. Ces personnes deviennent aussi plus ouvertes face au rétablissement lorsqu’elles découvrent la partie de la Courbe qui décrit les étapes encore plus difficiles qui les attendent si elles continuent à consommer.

L’histoire de la Courbe est aussi très intéressante pour les membres AA. En effet, la Courbe trouve son origine entre 1946 et 1951. Avec l’autorisation tacite des fondateurs des AA, le Professeur Jellinek a alors administré un sondage en 111 questions à environ 2 000 membres masculins des Alcooliques Anonymes. Un des buts de ce sondage était d’analyser le parcours de vie de ces alcooliques en rétablissement en identifiant les différentes étapes de leur consommation durant la période où ils étaient encore actifs.

Le résultat de cette analyse a pris la forme d’un texte annexé (Annexe II, p. 28) à l’important rapport de 1952 du Sous-comité sur l’alcoolisme de l’Organisation Mondiale de la Santé qui est aussi l’occasion de l’adoption d’une première définition de l’alcoolisme par l’OMS.

Ce texte identifie un total de 43 étapes-clés possibles dans la progression de la maladie de l’alcoolisme chez celui qui la développe. Il faudra toutefois attendre 1954 et les travaux du Dr Max Glatt, psychiatre considéré comme le fondateur de l’alcoologie en Angleterre, pour que la partie ascendante de la Courbe de Jellinek, celle qui porte sur le rétablissement, soit établie. Cette seconde partie fait la liste des améliorations successives auxquelles le rétablissement donne lieu une fois que l’alcoolique a entrepris de se rétablir.

Lien pour consulter la Petite histoire de la Courbe de Jellinek.


Les résultats des AA…

7 mai 2019

Nouvelle publication sur les Résultats des AA démontrés statistiquement.

Nous exposons le mythe du 5% et nous vous présentons les véritables taux de réussite des AA pour la 1ère année: 26,3% ou 55,6%, selon votre investissement personnel dans votre rétablissement.  Résultats disponibles ICI.