Reconnaissance de la maladie de l’alcoolisme et évolution des définitions

7 juin 2019

Saviez-vous que… déjà en 1952, l’Organisation Mondiale de la Santé, une composante de l’ONU, a défini l’alcoolisme et a apporté son appui à l’œuvre des Alcooliques Anonymes?

Le 1er février 1952, le Conseil exécutif de l’OMS a adopté le rapport d’Octobre 1951 de son Sous-comité de l’alcoolisme qui contient la première définition officielle de la maladie:

« Les alcooliques sont des buveurs excessifs dont la dépendance à l’égard de l’alcool est telle qu’ils présentent soit un trouble mental décelable, soit des manifestations affectant leur santé physique et mentales, leurs relations avec autrui et leur bon comportement social et économique, soit des prodromes (i.e. symptômes) de troubles de ce genre. Ils doivent donc être soumis à un traitement » (p. 17 du rapport).

Toujours dans ce rapport adopté par le Conseil exécutif de l’OMS, le Sous-comité recommande également une approche de traitement qui comprend différentes mesures ainsi que les dispositions suivantes :

« (…) S’il existe un groupe d’ « Alcoholics Anonymous » dans la collectivité ou dans le voisinage, il y aurait lieu d’adresser le patient à ce groupe (…) » (p. 5 du rapport).

« (…) que les médecins aident à la constitution de groupes d’ « Alcoholics Anonymous » dans leurs collectivités » (p. 8 du rapport).

Pour en savoir plus sur la reconnaissance de l’alcoolisme à titre de maladie et sur l’évolution des définitions de l’alcoolisme et des dépendances depuis ce temps, nous vous invitons à visiter le lien suivant… https://alco-retab.net/reconnaissance-de-la-maladie-de-lalcoolisme-et-evolution-des-definitions/


La Courbe de Jellinek

17 mai 2019

La Courbe de Jellinek… ou comment savoir où nous en sommes rendus dans notre alcoolisme. Une autre avancée concernant l’alcoolisme attribuable aux membres des Alcooliques Anonymes. Courbe de Jellinek (en français)

Encore aujourd’hui la Courbe de Jellinek est l’élément visuel le plus diffusé à l’échelle mondiale dans le domaine du traitement des dépendances. La principale raison de cette diffusion toujours importante est simple à comprendre : l’alcoolique des années 1940-1950 ressemble beaucoup à l’alcoolique d’aujourd’hui.

Ainsi, les personnes qui ont un « problème d’alcool » et à qui la Courbe de Jellinek est présentée identifient généralement assez rapidement l’étape où elles en sont sur l’échelle de la déchéance alcoolique. Ces personnes deviennent aussi plus ouvertes face au rétablissement lorsqu’elles découvrent la partie de la Courbe qui décrit les étapes encore plus difficiles qui les attendent si elles continuent à consommer.

L’histoire de la Courbe est aussi très intéressante pour les membres AA. En effet, la Courbe trouve son origine entre 1946 et 1951. Avec l’autorisation tacite des fondateurs des AA, le Professeur Jellinek a alors administré un sondage en 111 questions à environ 2 000 membres masculins des Alcooliques Anonymes. Un des buts de ce sondage était d’analyser le parcours de vie de ces alcooliques en rétablissement en identifiant les différentes étapes de leur consommation durant la période où ils étaient encore actifs.

Le résultat de cette analyse a pris la forme d’un texte annexé (Annexe II, p. 28) à l’important rapport de 1952 du Sous-comité sur l’alcoolisme de l’Organisation Mondiale de la Santé qui est aussi l’occasion de l’adoption d’une première définition de l’alcoolisme par l’OMS.

Ce texte identifie un total de 43 étapes-clés possibles dans la progression de la maladie de l’alcoolisme chez celui qui la développe. Il faudra toutefois attendre 1954 et les travaux du Dr Max Glatt, psychiatre considéré comme le fondateur de l’alcoologie en Angleterre, pour que la partie ascendante de la Courbe de Jellinek, celle qui porte sur le rétablissement, soit établie. Cette seconde partie fait la liste des améliorations successives auxquelles le rétablissement donne lieu une fois que l’alcoolique a entrepris de se rétablir.

Lien pour consulter la Petite histoire de la Courbe de Jellinek.