Guides cliniques applicables par pays

Dans le cas où une personne consulte un médecin au sujet de sa consommation d’alcool, ou dans le cas où un médecin décèle une possible consommation problématique d’alcool chez un patient traité pour d’autres raisons, des processus médicaux précis s’appliquent généralement. Ceux-ci prennent la forme de Guides cliniques.

Ces guides cliniques sont des documents médicaux dont la conception et la mise en place se font de différentes façons selon les pays et selon les spécialisations médicales. Dans certains cas, comme au Royaume-Uni, ces guides sont nombreux, spécialisés, très complets et facile d’accès. Dans le cas de la consommation problématique d’alcool, cette façon de faire n’est toutefois pas aussi répandue et les guides cliniques prennent différentes formes en plus d’émaner de sources multiples.

Voici donc les guides cliniques que nous avons trouvés et consultés pour ce qui concerne la consommation problématique d’alcool, le dépistage, l’évaluation, le traitement et le suivi, dans un contexte médical dans les principaux pays couverts par nos recherches:

Guide clinique applicable au Canada (incluant le Québec)
Guide clinique applicable en France
Guide clinique applicable en Suisse
Guide clinique applicable en Belgique
Guide clinique applicable aux États-Unis

Guide clinique applicable au Royaume-Uni

En lien avec ces guides et avec les objectifs poursuivis par le projet Alco-Rétab, nous tenons à vous informer dès maintenant que chacun des guides ou processus cliniques que nous avons trouvés et étudiés contiennent des recommandations positives à l’égard de la participation des patients atteints d’alcoolisme (ou syndrome de dépendance à l’alcool ou  trouble de l’usage d’alcool) au mouvement des Alcooliques Anonymes. Ces références sont reproduites à la page des Références aux AA dans les Guides cliniques.
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Guide clinique applicable au Canada (incluant le Québec)

Information importante: nous avons été récemment informés que le le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS) procède à une refonte en profondeur de son site web et que les hyperliens disponibles depuis plusieurs années ont été coupés sans avoir été auparavant remplacés. Nous mettrons l’information à jour dès que nous l’obtiendrons. Merci de votre compréhension.

Le guide clinique applicable au Canada est présenté en ligne, à partir du site conjoint mis sur pied exclusivement dans ce but par le Collège des médecins de famille du Canada et par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS), organisme relevant du Parlement canadien.

Le premier lien présenté est celui du site en tant que tel. Les deux liens qui suivent permettent d’atteindre le schéma graphique du protocole clinique mis de l’avant, d’une part, et le protocole sous forme interactive, d’autre part.

CAN –
CCDUS 2011-1
Collège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS) Dépistage, intervention et aiguillage pour l’alcool : un guide clinique – Site Internet. Collège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS), 2011.
CAN –
CCDUS 2011-2
Collège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS) Dépistage, intervention et aiguillage pour l’alcool : un guide clinique – SchémaCollège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS), 2011.
CAN –
CCDUS 2011-3
Collège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS) Dépistage, intervention et aiguillage pour l’alcool : un guide clinique – Protocole interactif. Collège des Médecins de Famille du Canada et Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (maintenant CCDUS), 2011.

Le Guide clinique prévoit un processus en trois (3) parties pour le médecin :

        • Dépistage et évaluation
        • Intervention brève et aiguillage
        • Suivi et Soutien

Pour mener à bien ce processus, le CCDUS met même à la disposition des médecins de courts vidéos afin de les aider à préparer leurs entrevues avec des gens qui ne sont pas toujours disposés à parler de leur consommation.

Dès l’étape 1, les questions du médecin lui permettent de déterminer si son patient a une consommation d’alcool à risque. Des questions supplémentaires lui permettent de déterminer le niveau de risque qui peut être un des trois (3) niveaux suivants selon le guide clinique :

  1. Risque élevé
  2. Abus d’alcool
  3. Dépendance à l’alcool

À la 2e étape, selon les résultats de l’évaluation, le médecin procède à une brève intervention ciblée, selon le niveau de risque identifié.

Quelques observations sur ces interventions :

      • Dans le cas d’une intervention pour le niveau 1, l’approche favorisée en est une d’information et de fixation d’un but visant à revenir à une consommation moins risquée. Le contrôle de la consommation fait partie du plan développé entre le médecin et son patient;
      • Dans le cas des niveaux 2 et 3, c’est l’abstinence complète de consommation qui est recommandée par le médecin qui passe alors en mode « négociation » avec son patient. Le recours à certains modes particuliers, comme l’entretien motivationnel, fait partie de l’arsenal du médecin;
      • Dans le cas du niveau 3, la référence à un psychiatre ou à un addictologue fait aussi partie des moyens à la disposition du médecin pour aider son patient;
      • La prescription de médicaments est aussi prévue à ce 3e niveau qui porte sur le diagnostic de dépendance à l’alcool;
      • De plus, pour les trois (3) niveaux de risque, il est prévu que le médecin traitant oriente son patient vers les ressources communautaires ou de soins de santé.

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Guide clinique applicable en France

En premier lieu, précisons que la France a aussi un processus clinique virtuel mais ce dernier n’est pas identifié sous le vocable de « guide clinique ». En fait, il s’agit d’un Portail des acteurs de santé qui a été créé par la Fédération Addiction, Santé publique France, l’OFDT, le Respadd, l’Ippsa, le Certa, le RISQ et le GREA, sous la coordination de la Fédération Addiction et avec le soutien de la MILDECA et de la DGS. Le Portail est accessible au lien suivant et il contient notamment des sections particulières qui portent sur:

Santé publique France met aussi certains documents à la disposition des professionnels de la santé, documents qui contiennent différentes informations pertinentes qui tiennent lieu de guide clinique lorsqu’elles sont considérées dans leur globalité. Nous vous présentons donc ces liens de la façon la plus logique possible pour faciliter leur compréhension:

    • L’espace PRO du site ALCOOLINFOSERVICE.FR est la porte d’entrée pour atteindre ces documents.
    • Une fois sur place, le site vous propose d’aller vers l’Espace Alcool et Santé;
    • À partir de là, en défilant un peu la page vers le bas, vous avez accès aux trois (3) pages secondaires de cet Espace qui concernent la consommation problématique, son repérage et les suites à donner à un éventuel diagnostic. (Prenez note qu’il est préférable de consulter ces pages dans l’ordre indiqué):

Dépistage, évaluation et aide à la prise en charge :

Le processus du RPIB est comparable aux processus du Canada et des États-Unis. À partir de quelques questions (phase de dépistage), le médecin prendra la décision de poursuivre ou non avec une évaluation complète afin de déterminer le degré de risque associé à la consommation de son patient si celle-ci est problématique. Pour effectuer ce travail, le site propose trois (3) outils, dont l’un nous est déjà connu et figure déjà sur ce site.

        • En premier lieu, le site propose d’utiliser l’« Outil d’aide au repérage précoce et à l’intervention brève », produit par la Haute Autorité de Santé de la France afin d’encadrer toute la rencontre avec le patient.
        • En second lieu, le site propose le test AUDIT afin de faciliter l’évaluation en tant que telle. Par contre, comme il s’agit d’une version papier, nous préférons vous référer à la version en ligne qui est disponible en deuxième position sur la page des Tests informels en ligne de notre site.
        • En troisième lieu, le site propose le questionnaire FACE, lui aussi en version papier.

En second lieu, la France a la particularité d’avoir un nombre impressionnant d’organisations qui gravitent autour de la question des dépendances / addictions. Parmi celles-ci, l’une des plus importantes en ce qui concerne la pratique de la médecine clinique est la Société française d’alcoologie. Cette dernière, dont nous parlons à certains autres endroits de ce site, a publié en 2015 ce qui se rapproche le plus d’un guide clinique conventionnel. Ce document, qui contient toutes les informations nécessaires pour les praticiens du domaine, est disponible au lien qui suit:

France
SFA
2015
Société française d’alcoologie Mésusage de l’alcool, dépistage, diagnostic et traitement – Recommandation de bonne pratique.  Alcoologie et Addictologie, 2015, 37(1), pp 5-84.


Finalement, il importe aussi de souligner que l’État français et les organisations dont nous faisions état précédemment ont aussi produit différents outils d’évaluation qu’il serait peu utile d’identifier ici mais qui sont disponibles au lien suivant.
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Guide clinique applicable en Suisse

Dans le cas de la Suisse, le guide clinique a été produit par un comité d’experts regroupés au sein de Praticien Addiction Suisse. Le guide prend la forme d’une plate-forme virtuelle très détaillée, disponible en trois (3) langues (français, allemand et italien), et ayant des contenus dédiés spécifiquement pour l’alcool, le cannabis, les drogues de synthèse, l’héroïne, la cocaïne, les médicaments et le tabac. Les deux (2) liens à connaître sont les suivants:

À noter que la Suisse utilise aussi le test AUDIT pour l’évaluation des patients.

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Guide clinique applicable en Belgique

Contrairement aux autres pays couverts par nos recherches, le gouvernement fédéral de la Belgique fait relativement peu en ce qui a trait à la question de la consommation problématique d’alcool et d’autres substances psychoactives. Pour des raisons internes à ce pays, le Service public fédéral responsable de la santé ne s’occupe que de certains aspects très réduits de la situation comme vous pouvez le constater ici et ici.

L’essentiel de l’implication étatique est ainsi plutôt laissée entre les mains des deux (2) grandes communautés linguistiques du pays. Du côté de la communauté francophone, en Wallonie et à Bruxelles, nos recherches nous ont permis de trouver l’équivalent d’un guide clinique officiel sur le site de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG). Cette organisation indépendante qui regroupe les médecins belges francophones s’est notamment donnée pour mission de conseiller ces derniers dans leurs consultations professionnelles de divers types, dont celles qui concerne spécifiquement les problèmes de consommation d’alcool. En lien avec ces derniers, le site offre plusieurs références importantes dont les quatre (4) suivantes nous semblent les plus pertinentes à citer ici:

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Guide clinique applicable aux États-Unis

Du côté américain, il existe dans les faits deux différents guides cliniques. D’une part, il y a le guide général publié par l’l’organisation publique fédérale dédiée aux recherches sur l’usage abusif et la dépendance à l’alcool, le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA). D’autre part, il y a un guide spécifique qui s’applique aux personnels militaires et qui a été élaboré conjointement par le Department of Veterans Affairs et par le Department of Defense.

Dans le cas du premier guide, il est important de noter que son influence dépasse de beaucoup les seuls États-Unis. Il a en effet été identifié par les autres guides, ainsi que par l’Organisation Mondiale de la Santé comme ayant été une source très importante à la base de la préparation de ceux-ci. Cela s’explique notamment par le fait que le NIAAA est considéré comme la plus importante organisation de recherches scientifiques au monde dans le domaine de la dépendance à l’alcool.

Dans les deux cas, l’évaluation suggérée comprend l’utilisation du test AUDIT vu précédemment avec le processus clinique en vigueur en France.

US –
NIAAA 2005
National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) Helping Patients Who Drinks Too Much – Clinician Guide. National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA), National Institutes of Health, U.S. Department of Health and Human Services, 2005, 40 p.
US –
VA –
DoD 2015
U.S. Department of Veterans Affairs, U.S. Department of Defense VA / DoD Clinical Practice Guideline for the Management of Substance Use Disorders.  Department of Veterans Affairs and Department of Defense, v. 3.0, 2015, 169 p.

Guide clinique applicable au Royaume Uni

Ce guide clinique est probablement le document de cette nature qui est le plus complet dans un certain sens. Par contre, il faut comprendre qu’il ne contient pas uniquement des recommandations en termes de repérage, d’évaluation et d’intervention des consommations problématiques. Le guide est l’oeuvre du National Collaborating Centre for Mental Health et il est publié conjointement par la British Psychological Society et par The Royal College of Psychiatrists.

Le guide de plus de 600 pages propose une analyse complète de la situation du pays en termes de consommation d’alcool et d’usages problématiques. Au sujet des traitements, le guide offre une étude détaillée de toutes les approches thérapeutiques qui se pratiquent légalement dans ce pays. Ces approches sont évaluées et une revue des études est effectuée pour chacun des modes afin d’en déterminer la validité, les résultats, etc.

UK NICE 2011 National Institute for Health and Care Excellence (NICE) Alcohol-Use Disorders: The NICE Guideline on Diagnosis, Assessment and Management of Harmful Drinking and Alcohol Dependence. National Collaborating Centre for Mental Health (UK). British Psychological Society & The Royal College of Psychiatrists, 2011 (NICE Clinical Guidelines, No. 115.), 612 p.

En complément, et tel que suggéré à la section « 8.2 Identification and assessment » du document, des tests sont aussi offerts pour effectuer une évaluation des risques des personnes concernées. Ces tests sont rendus disponibles, dans le cas de l’Angleterre (une des parties du Royaume Uni) au lien suivant. Encore là, c’est le test AUDIT qui est le principal outil suggéré.

De plus, du fait des impacts très variés attribuables à la consommation problématique d’alcool, des parcours ont aussi été développé afin de diriger les patients vers des traitements spécialisés contre l’alcoolisme lorsque cela est souhaitable suite à l’évaluation. Ces parcours sont exposés au lien suivant.

Une autre particularité de l’approche britannique est aussi importante à souligner. Le guide que nous venons de voir nous présente aussi, dès le premier paragraphe de sa préface, deux autres guides cliniques qui portent sur des sujets hautement liés.

Dans le cas du premier guide qui suit, celui-ci traite notamment de toutes les questions qui entourent le sevrage et la désintoxication, incluant les situations de delirium tremens:

UK NICE 2010-2 National Institute for Health and Care Excellence (NICE) Alcohol-use disorders: diagnosis and management of physical complications  (2010). National Institute for Health and Care Excellence (NICE), The Royal College of Physicians, 2011, NICE Clinical Guideline no 100,  286 p.

Pour ce qui est du guide suivant, il traite de toutes les questions en lien avec la prévention de la consommation, notamment chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes:

UK NICE 2010-1 National Institute for Health and Care Excellence (NICE) Alcohol-Use Disorders: Prevention. National Institute for Health and Care Excellence (NICE), 2010, NICE Public Health Guidelines no 24, 90 p.