Références aux AA dans les Guides cliniques

Dans l’ensemble des guides cliniques et des outils virtuels que nous avons consultés, nous avons trouvé des références très explicites qui démontrent que la communauté médicale, dans les différents pays couverts par nos recherches, recommande la participation des patients aux Alcooliques Anonymes. Voici les références en question:

Situation au Canada (incluant le Québec)
Situation en France
Situation en Suisse
Situation en Belgique
Situation aux États-Unis
Situation au Royaume Uni

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Situation au Canada (incluant le Québec)

Dans le cas du Canada, le guide clinique élaboré conjointement par le Collège des médecins de famille du Canada et par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS), organisme relevant du Parlement canadien, contient une référence précise par rapport aux AA.

Ainsi, à partir du moment où le patient indique à son médecin, directement ou indirectement, qu’il a une consommation d’alcool qui dépasse la consommation maximale recommandée dans les Directives de consommation à faible risque, le médecin se livre normalement à une évaluation afin de déterminer le niveau de risque de son patient. Ce niveau peut être l’un des trois (3) suivants, selon une gravité croissante: Risque élevé – Abus d’alcool – Dépendance à l’alcool. Suite à l’évaluation du médecin, une brève intervention suivra et celle-ci sera modulée en fonction de la gravité de la situation personnelle du patient.

Une constante apparaît toutefois dans le schéma de cette intervention: pour les trois (3) niveaux d’atteinte possible, le protocole prévoit entre autres mesures que le médecin oriente son patient vers des ressources communautaires ou de soins de santé.

La consultation de cette référence permet de constater que le guide clinique prévoit que les Alcooliques Anonymes sont la première ressource à suggérer au patient.

             
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Situation en France

Dans le cas de la France, comme nous l’avons déjà indiqué à la page dédiée aux guides cliniques, l’agence nationale Santé publique France n’a pas de guide au sens habituel du terme et elle propose plutôt un cheminement virtuel aux professionnels de la santé qui rencontrent des situations de consommation problématique. Dans ce cheminement qui utilise les liens suivants, ALCOOLINFOSERVICE.FR puis Espace Alcool et Santé, une « intervention brève » est prévue dans les cas qui nécessitent une intervention médicale. À ce sujet, il est important de noter que la procédure proposée pour l’intervention brève (RPIB), contient une mention très précise à l’effet que le professionnel doit aussi orienter le patient vers certaines ressources d’aide:

Pour ce faire, une autre section du site est prévue. Intitulée « SE FAIRE AIDER », cette section comporte différentes références dont celle de l’ « ENTRAIDE ENTRE PAIRS » qui aborde le rôle de soutien des associations d’entraide, comme les Alcooliques Anonymes mais aussi comme certaines autres associations déjà présentes en France depuis de très nombreuses années.

Comme nous l’avons aussi mentionné à la page sur les guides cliniques, il existe en France différentes associations professionnelles dont l’une, la Société française d’alcoologie (SFA), produit de nombreux documents à l’intention du personnel médical de première ligne. La SFA a ainsi publié en 2015 le guide « Mésusage de l’alcool, dépistage, diagnostic et traitement – Recommandation de bonne pratique » qui précise notamment que:

« Les associations d’entraide interviennent à toutes les étapes de la prise en charge du sujet alcoolo-dépendant. »

« Les Alcooliques anonymes (AA) sont les seuls en France à proposer un programme très structuré de rétablissement à tous les candidats qui se présentent chez eux. » 

En appui à cette approche, la SFA a aussi publié en 2016 une « Charte des mouvements d’entraide en addictologie », qui explique abondamment la complémentarité des rôles entre les traitements professionnalisés et ces mouvements, dont les Alcooliques Anonymes font partie, et qui fait aussi état des nombreux résultats positifs de l’action de ces derniers tels que démontrés par de nombreuses études.

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Situation en Suisse

Pour ce qui est de la Suisse, le processus clinique mis en place à l’intention des médecins par le biais du site  Praticien Addiction Suisse a prévu une page dédiée pour l’Entraide / Autosupport. À l’intérieur de celle-ci, un paragraphe parle des Groupes d’entraide en référant toutefois les médecins au site principal du gouvernement Suisse, Infodrog, pour obtenir plus d’informations sur les offres de ces groupes, dont celle des AA.

Sur ce dernier site, une des thématiques porte sur l’Entraide et fait le lien vers les divers groupes d’entraide, situant même ceux-ci sur la cartographie virtuelle des ressources disponibles (sélectionnez « Groupes d’entraide » dans la colonne « Offre»). Autre élément notable, Infodrog a aussi publié en 2018 un document intitulé « Complémentarité entre entraide et aide professionnalisée dans les addictions » qui précise abondamment les rôles complémentaires des traitements professionnalisés et des groupes d’entraide mutuelle, dont les Alcooliques Anonymes.

Finalement, la page dédiée pour l’Entraide / Autosupport fait aussi référence au site Stop-alcool, qui est l’un des principaux sites dédiés au public et qui a été développé par l’École de Médecine de l’Université de Genève. Sur ce site, une place très importante est accordée aux groupes d’entraide mutuelle, qui sont même qualifiés de Traitements communautaires, et dont une page est dédiée spécifiquement aux résultats démontrés par les Alcooliques Anonymes.

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Situation en Belgique

Comme nous l’avons vu à la page des guides cliniques, la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) a mis en place différents outils pour épauler les professionnels de la santé dans leur travail. Parmi les quatre (4) moyens cités, voici les références aux Alcooliques Anonymes que nous y retrouvons:

  • Dans l’outil d’Aide à la consultation, les AA sont cités en premier lieu dans la partie Autonomisation de la phase d’Accompagnement du travail du médecin, après la Prévention, le Diagnostic et le Traitement;
  • Dans le dossier Alcool, les AA sont identifiés à la partie 4.2 qui porte sur le souhait du patient à modifier sa consommation. Les groupes d’entraide, dont AA, sont alors recommandés comme étant des ressources utiles qui procurent à leurs participants une écoute, un partage des vécus et des expériences. De plus, les patients y trouveront aussi le soutien que les membres du groupe se donnent mutuellement et qui permet souvent de progresser dans la réflexion et l’action individuelles.
  • C’est finalement la Foire aux questions (FAQ) du site Réseau Alcool qui donne les références les plus complètes sur les AA en indiquant notamment ce qui suit:

    « Ce qu’en pense le médecin ?

    « Les groupes d’entraide constituent un des leviers du rétablissement des patients alcooliques : l’écoute bienveillante, l’absence de jugement, les conseils judicieux qui y sont donnés apportent une aide importante aux personnes alcooliques. Cette aide va au-delà des réunions : les contacts téléphoniques entre les réunions désamorcent bien des crises familiales, tempèrent des réactions émotives excessives, donc réduisent l’envie de boire.

    « L’entraide (ces groupes) et le travail médical et psychologique se complètent et se renforcent l’un l’autre.

    « Pour nos patients socialement désinsérés, la (ou les) réunion(s) hebdomadaire(s) constituent une nouvelle vie sociale et parfois la seule dans un premier temps. Certains groupes développent aussi des activités sociales en dehors des réunions : sorties festives, activités culturelles, activités sportives.

    « La participation à ces groupes contribue à développer chez les membres l’affirmation de soi, l’expression des émotions, l’écoute des autres donc la tolérance.

    « Les groupes d’entraide ont vu leur action reconnue comme efficace par le monde scientifique.»

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Situation aux États-Unis

Dans le cas des États-Unis, comme nous l’avons vu à la page des guides cliniques, le guide qui s’applique à la population civile (non militaire) est celui de l’organisation publique fédérale dédiée aux recherches sur l’usage abusif et la dépendance à l’alcool, le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA).

Ce guide prévoit aussi que les médecins recommandent à leurs patients dont l’évaluation médicale démontre une consommation problématique d’assister à des rencontres des Alcooliques Anonymes. Fait à noter, le guide parle abondamment des médications d’appui à la cessation de la consommation et les AA sont présentés comme étant une façon très constructive de se bâtir un réseau social qui aidera par la suite le patient lorsqu’il sera rendu à l’étape de cesser la prise de ces médicaments.

Le guide va même un peu plus loin en prévoyant certaines réponses que les médecins peuvent utiliser dans le cas où un patient se montre peu intéressé à tenter l’expérience. Voici finalement un court document qui reprend les passages mentionnés des références aux AA (Malheureusement en anglais uniquement).

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Situation au Royaume Uni

En ce qui a trait au Royaume Uni, plusieurs références aux Alcooliques Anonymes figurent dans le Guide clinique officiel.

Dans un premier temps, la section 2.10 consacrée aux « Service User Organisations » met principalement l’emphase sur les AA et sur les groupes familiaux Al-anon et Alateen et précise une des forces des AA en disant que… (traduction par Alco-Rétab):

    • « (…) les réunions sont largement disponibles et offrent un soutien utile allant au-delà de ce que peuvent fournir les services de traitement spécialisés. »

Par la suite, la section 6.4, intitulée « Setting the context for 12 Step Facilitation and Alcoholics Anonymous » précise ce qui suit (traduction par Alco-Rétab):

    • « (…) Les groupes des AA sont largement disponibles au Royaume-Uni en tant que réseaux de soutien pour les personnes ayant une dépendance à l’alcool. Les AA sont un mouvement d’entraide qui repose à la base sur un programme de 12 étapes. (…) La fréquentation régulière a été associée à l’abstinence d’alcool dans un certain nombre d’études (voir Ferri et ses collègues [2006] pour une revue systématique). »

Note : Ferri 2006 se retrouve avec la référence Cochrane 2006 sur Alco-Rétab.

Finalement, la section 6.24 du guide, portant sur les Recommandations faites aux médecins en regard des interventions psychologiques et psychosociales, prévoit que les médecins qui rencontrent des cas de patients qui recherchent de l’aide pour des problèmes de consommation d’alcool (alcohol misuse) doivent … (traduction par Alco-Rétab):

    • « … leur donner des informations sur la valeur et sur la disponibilité des réseaux de soutien communautaires et des groupes d’entraide (par exemple, Alcooliques Anonymes ou SMART Recovery) » et
    • « … les aider à participer aux réseaux de soutien communautaire et aux groupes d’entraide en les encourageant à assister aux réunions et en organisant le soutien nécessaire pour qu’ils puissent y assister. »