Thérapies cognitivo-comportementales

Introduction
Quelques caractéristiques de cette approche
Variantes de cette approche
Utilisation de cette approche
Évaluation des résultats de cette approche 
Autres ressources documentaires de référence

Introduction

Selon le site Stop-alcool.ch« On regroupe sous ce terme une large palette d’interventions développées depuis une trentaine d’années dans le traitement de troubles psychiques (tels que troubles anxieux, dépression, trouble panique, etc.) et de dépendances ou d’abus de substances.

« Le concept central de ces thérapies est que les pensées affectent les émotions : à travers la gamme des émotions et des anticipations, on apprendrait à associer certains événements à certains problèmes, et ce serait ces émotions (plutôt que les événements eux-mêmes) qui seraient à l’origine de la détresse.

« Selon cette approche, le fait de boire devient un moyen de faire face aux situations difficiles, aux mauvaises humeurs et aux pressions des pairs. De ce fait, il s’agit d’apprendre au patient à reconnaître les situations risquant de favoriser la consommation d’alcool, d’apprendre à prévenir cette consommation et de mettre en place des stratégies qui permettent de déconditionner l’individu confronté à des circonstances ou à un environnement qui l’amène à boire. »

Quelques caractéristiques de cette approche

Les principales caractéristiques de cette approche sont les suivantes:

    • Il s’agit la grande majorité du temps d’interventions structurées et manualisées, et ce, peut importe la variante utilisée;
    • Les interventions prévoient habituellement les éléments suivants:
        • L’analyse de la consommation de substances de l’utilisateur, notamment ses déclencheurs ainsi que les conséquences positives et négatives;
        • L’entraînement aux habiletés d’ajustement afin que l’utilisateur transige mieux avec les situations à risques (coping);
        • L’entraînement aux habiletés de refus de la consommation;
        • La détermination des déclencheurs de consommation ou de rechute;
        • Le développement et l’augmentation des activités de remplacement de la consommation;
    • Dans le cadre des interventions, des activités d’apprentissage et de suivi sont planifier:
        • Le monitorage (monitoring) des pensées reliées à la consommation;
        • La pratique d’habiletés au cours des sessions, sous la forme de jeux de rôle ou de modelage (modeling); et
        • La pratique d’habiletés à l’extérieur des sessions, sous la forme de « devoirs thérapeutiques » 

Variantes de cette approche

Selon le site Stop-alcool.ch, « La thérapie cognitivo-comportementale comporte plusieurs techniques. En général, une thérapie cognitivo-comportementale pour l’alcoolisme comprend des techniques telles que la prévention de rechute, l’acquisition des compétences sociales et les approches de renforcement communautaire. »

Utilisation de cette approche

Encore

  • D’une part,

En ce qui concerne l’utilisation

En termes concrets, l’utilisation de ce modèle peut être constaté lorsque nous consultons les site web de certaines ressources thérapeutiques. Nous en donnons ici cinq (5) exemples : d’une part, les Maisons Péladeau, la Villa Ignatia et le Pavillon Louis-Cyr, au Québec. D’autre part, la Clinique La Métairie et le Centre de consultation FAS en Suisse.

Évaluation des résultats de cette approche

Nous vous présentons maintenant deux (2) évaluations des résultats de cette approche qui ont été préparées par des spécialistes du domaine des traitement qui œuvrent au sein ou près du réseau public québécois de la santé. La première évaluation est un peu une synthèse de la seconde qui est beaucoup plus complète et qui a d’ailleurs servi de référence aux auteurs de la version courte.

  • Évaluation des résultats de l’approche cognitivo-comportementale selon le Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire (CRDM-IU) (anciennement connu sous le nom de Centre Dollars-Cormier), qui est rattaché au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Le premier extrait que nous reproduisons ici provient de la publication « Les pratiques reconnues dans les ressources privées ou communautaires offrant de l’hébergement en dépendance », produit en 2016 par la Direction de l’enseignement universitaire et de la recherche de cette organisation publique.

Page 18 du document :

« L’efficacité des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) dans le traitement de la toxicomanie a été largement démontrée grâce à de nombreuses études contrôlées et rigoureuses menées auprès d’échantillons très variés (Baker et Lee, 2003; Lee et Rawson, 2008; Magill et Ray, 2009; Rangé et Marlatt, 2008; Waldron et Kaminer, 2004).

« Le terme « thérapies cognitivo-comportementales » (TCC) englobe un ensemble d’interventions qui peuvent être très différentes sur le plan de l’application, de l’intensité et de la focalisation (Lee et Rawson, 2008). Soulignons que ces thérapies s’appuient sur les théories de l’apprentissage social, y compris le conditionnement classique et opérant, ainsi que sur les théories cognitives (Silva et Serra, 2004).

« Un ensemble de techniques caractérisent aussi les TCC : 1) l’analyse fonctionnelle de la consommation de substances, c’est-à-dire de ses déclencheurs et de ses conséquences positives et négatives; 2) l’entraînement aux habiletés de transaction avec les situations à risques (coping); 3) l’entraînement aux habiletés de refus de la consommation; 4) la détermination des déclencheurs de la consommation ou de la rechute; 5) l’augmentation d’activités remplaçant la consommation (Magill et Ray, 2009). Outre ces techniques, le monitorage (monitoring) des pensées reliées à la consommation et la pratique d’habiletés au cours des sessions sous forme de jeux de rôle ou de modelage (modeling) et à l’extérieur sous forme de « devoirs thérapeutiques » sont également largement utilisés dans les TCC (Shearer, 2006). Enfin, les TCC sont habituellement des approches structurées et « manualisées » (manualized) (Shearer, 2006).»

  • Évaluation des résultats de l’approche cognitivo-comportementale de l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRDQ)

L’extrait que nous reproduisons ici provient de la publication « Services de réadaptation en toxicomanie auprès des adultes dans les centres de réadaptation en dépendance – Guide de pratique et offre de services de base », produit en 2010 par cette association.

Pages 37 et 38 du document :

« L’efficacité des thérapies cognitives-comportementales (TCC)

« Magill et Ray (2009) ont mené une méta-analyse récente qui confirme l’efficacité des TCC chez les adultes consommateurs d’alcool et de drogues illicites, à partir de 53 études contrôlées. L’effet des TCC tend à diminuer à partir des suivis de 6 à 9 mois, puis continue de diminuer au suivi de 12 mois. Cette méta-analyse met également en lumière que les TCC ont des effets plus larges chez les consommateurs de cannabis comparativement aux autres substances étudiées, par exemple l’alcool et les stimulants. Ce dernier constat est appuyé par une méta-analyse d’un ensemble d’interventions psychosociales, incluant les TCC et d’autres types d’intervention (Dutra et al., 2008).

« Notons aussi que la TCC est l’un des modèles dont l’efficacité a été montrée dans l’une des plus grandes études contrôlées auprès de personnes dépendantes à l’alcool, le projet MATCH (Project Match Research Group, 1997). En effet, dans le projet MATCH, la TCC, qui se déroule sur 12 semaines dans le cadre de 12 sessions hebdomadaires, est efficace de façon équivalente au modèle 12-steps facilitation, de même durée et intensité, et à la Motivational Enhancement Therapy (MET), qui comprend 4 sessions en 12 semaines. Le seul avantage de la TCC et de la thérapie des 12 étapes sur la MET est de produire plus rapidement des effets au cours de la période de traitement en elle-même. » 

« Les combinaisons d’intervention et la thérapie cognitive-comportementale (TCC)

« La TCC constitue un des modèles d’intervention intégrés à l’approche psychosociale comportementale combinée montrée efficace par le projet COMBINE (Anton et al., 2006 ; Donovan et al., 2008). Cette approche combinée intègre la TCC, le modèle 12-steps facilitation, l’entretien motivationnel (EM) et différents systèmes de soutien externes à l’étude. Le style de l’EM est utilisé tout au long du suivi. Le projet COMBINE est un autre des quelques essais contrôlés dans le domaine de la toxicomanie reconnus pour leur rigueur. Le projet COMBINE montre que la TCC est efficace un an après le traitement pour diminuer la gravité des problèmes d’alcool chez les personnes alcooliques. En outre, dans cette étude, les diverses combinaisons d’interventions incluant la TCC, seule ou en combinaison avec une médication, sont plus efficaces que les combinaisons d’approches sans TCC.

« Plus récemment, la TCC, compte tenu de son efficacité démontrée, a été utilisée en combinaison à d’autres approches d’intervention, dans le but d’évaluer si ces combinaisons pouvaient améliorer les effets du traitement. Les traitements les plus couramment utilisés en combinaison à la TCC sont : le Contingency management (CM), la pharmacothérapie et l’entretien motivationnel. En outre, les approches de prévention de la rechute, comme nous le verrons plus loin, pourraient favoriser le maintien des gains à la suite de la TCC (Project Match Research Group, 1997 ; Shearer, 2007).

« La méta-analyse de Magill et al. (2009) montre que la TCC combinée à un autre traitement psychosocial produit des effets plus importants que la TCC combinée à un traitement pharmacologique et que la TCC seule. Ce résultat serait possiblement attribuable, selon les auteurs, à la combinaison de la TCC au Contingency management (CM) (Magill et Ray, 2009). Cependant ce constat doit être nuancé par le fait que, dans cette méta-analyse, seulement quatre études portent sur cette combinaison TCC-CM. Tout de même, une autre méta-analyse sur un ensemble d’interventions psychosociales en arrive aussi à conclure à des effets plus importants pour la combinaison TCC-CM que pour les autres traitements utilisés seuls, mais sur la seule base de deux études (Dutra et al., 2008).

« Pour ce qui est de l’avantage de la combinaison de la pharmacothérapie à la TCC, il semble se limiter aux suivis à court terme durant le traitement, mais ne se maintient pas dans le temps un an plus tard (Donovan et al., 2008).

« Enfin, pour ce qui est de la combinaison de la TCC à quelques séances d’entretien motivationnel (EM), Magill et al. (2009) relèvent trois études comparant la TCC seule à cette combinaison (Budney, Higgins, Radonovich et Novy, 2000 ; Marijuana Treatment Project Research Group, 2004 ; Stephens, Roffman et Curtin, 2000). Dans l’état actuel des connaissances, il ne semble pas que cette combinaison ajoute à l’efficacité de la TCC. Toutefois, rappelons que la combinaison de la TCC à l’approche motivationnelle ainsi qu’à une approche basée sur les 12 étapes, dans le projet COMBINE, s’est montrée plus efficace à un an que les approches de prise en charge médicale et/ou de pharmacothérapie. Devant ces résultats, plusieurs auteurs recommandent l’EM comme approche pouvant être combinée à la TCC (Anton et al., 2006 ; Hettema, Steele et Miller, 2005 ; Lundahl, Kunz, Tollefson et Burke, 2010). Il va sans dire que cette recommandation pourrait s’avérer possiblement plus adaptée à des populations plus réfractaires au changement, comme par exemple des personnes ayant commis des délits (McMurran, 2009) ou d’autres consultant sous forte pression de l’entourage. »

« Faits saillants

« L’efficacité des «thérapies cognitives comportementales » (TCC) a été largement démontrée pour le traitement de la toxicomanie, tant pour l’alcool que pour les drogues illicites, grâce à un grand nombre d’études contrôlées rigoureuses auprès d’échantillons très variés (résultats
probants).

« La TCC combinée à un autre traitement psychosocial produit des effets plus importants que la TCC combinée à un traitement pharmacologique et que la TCC seule (résultats probants)

« Quelques études permettent de suggérer de combiner à la TCC d’autres interventions psychosociales, comme le contingency management et l’entretien motivationnel, ce qui permettrait de favoriser le maintien des gains à plus long terme (résultats prometteurs).»

Autres ressources documentaires de référence

En supplément à ces informations que nous espérons néanmoins complètes, nous nous permettons de vous présenter XXX  autres documents synthèses qui sont malheureusement disponibles en anglais uniquement mais que nous espérons traduire éventuellement.

Ces documents sont une production